Le chat et la femme
L’image de la femme qui nourrit toute la maisonnée, revient chargée de provisions, n’a pas échappé au petit carnivore. C’est vers elle qu’il se dirige tout naturellement lorsqu’il a faim, et il est toujours reçu à bras ouverts », lit-on dans « Mes belles Histoires de chats ». Extrait.
Les poètes, les écrivains, les peintres n’ont cessé de faire le rapprochement entre le chat et la femme. Charmante ou vilaine selon l’heure ou le jour, celle-ci se caractérise par sa diversité et son aptitude au changement. Câlin et chaleureux, puis susceptible et distant, le chat n’est guère compréhensible aux yeux de l’homme. Ces deux portraits ont été mis en parallèle. La femme et le chat reflètent la douceur, mais portent en eux cette force sauvage et bouillonnante qui se manifeste subitement telle une explosion. Surtout ne pas déranger la chatte, entourée de ses petits : elle se fait tigresse. Surtout ne pas contrarier la femme, souvent versatile. Piquée au vif, elle passe de la sérénité à l’agressivité. Entre féminité et félinité, il n’y a qu’une consonne de différence.
« Je vois ma femme en esprit »
Cette comparaison entre le chat et la femme n’a pas été échafaudée sur des arguments hasardeux. Les points communs foisonnent. La littérature en fait un mystère, auquel s’ajoute la sensualité. Dans « Le chat », l’un des quatre célèbres poèmes sur le sujet qu’a écrit Baudelaire dans Les Fleurs du Mal (numéroté XXXIII dans le recueil « Spleen et Idéal »), le poète parnassien exprime sa pensée pour sa muse. Le souvenir du corps aimé lui traverse l’esprit tandis qu’il caresse son chat.
Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’anime du plaisir
De palper ton corps électrique,
Je vois ma femme en esprit. (…)
Â
« Mes Belles Histoires de chats », Brigitte Bulard-Cordeau, Chêne
Â
| < Précédent | Suivant > |
|---|



